En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques anonymes.
En savoir plus sur la gestion des cookies

Physique Chimie

Veille Scientifique

Par EMMANUEL HOURDEQUIN, publié le vendredi 16 septembre 2016 09:11 - Mis à jour le jeudi 7 décembre 2017 10:41

Mercredi 4 octobre 2017 : Prix Nobel de physique 2017 pour les découvreurs des ondes gravitationnelles d'Einstein et prix Nobel de chimie 2017 pour la cryo-microscopie électronique.

 

Rappelons-nous : le 11 février 2016, les membres de la collaboration Ligo, aux États-Unis, et ceux de la collaboration Virgo, en Europe, annonçaient conjointement que le détecteur d'ondes gravitationnelles Ligo avait permis la première détection directe sur Terre des ondes gravitationnelles se propageant dans la courbure de l'espace-temps.

Ces ondes avaient été prédites presque cent ans auparavant par Albert Einstein. Leur existence ne faisait en fait plus de doute depuis des décennies grâce à la découverte de certaines étoiles à neutrons et grâce aux calculs menés notamment par le physicien français Thibault Damour et ses collègues dans les années 1980.

Ces ondes avaient permis de rendre compte de la diminution annuelle de la période de l'orbited'un pulsar binaire (PSR B1913+16), révélée et mesurée par les prix Nobel de physique Hulse et Taylor. Les deux astres perdaient de l'énergie en émettant des ondes gravitationnelles, ce qui faisait diminuer lentement, mais de plus en plus rapidement, la taille, et donc la période, de leur orbite. Il ne s'agissait que d'une signature indirecte, mais convaincante, de l'existence des ondes gravitationnelles.

La première détection directe sur Terre des ondes gravitationnelles de la théorie de la relativité générale d'Einstein s'est ensuite produite le 14 septembre 2015 — d'où le nom de cet évènement : GW150914 (GW pour Gravitational Wave, en anglais). Son analyse conjointe par les membres de la collaboration Virgo et ceux de Ligo a montré que le signal provenait des derniers évènements survenant quand deux trous noirs de masse stellaire formant un couple binaire se rapprochent en suivant une spirale puis fusionnent en un seul astre compact.

Une partie de la masse totale des deux objets (ils contenaient chacun environ 30 fois la masse du Soleil) a été convertie en ondes gravitationnelles. Pour se donner une idée de l'énergie qu'un tel évènement représente, on peut imaginer que, si ces ondes gravitationnelles avaient été des ondes électromagnétiques, alors la source de la collision observée dans notre ciel en septembre 2015 aurait paru plus lumineuse que la pleine Lune ! Pourtant, l'évènement s'est produit à environ 1,3 milliard d'années-lumière de la Voie lactée...

Weiss, Thorne et Barish : les lauréats du Nobel de physique 2017

Il était devenu tout de suite clair que les pionniers à l'origine de cette découverte extraordinaire allaient recevoir le prix Nobel de physique dans les années à venir. En effet, une nouvelle ère s'ouvrait alors pour l'astrophysique : celle de l'astronomie gravitationnelle, en liaison étroite avec la physique des trous noirs et des étoiles à neutrons.

En l'occurrence, beaucoup avaient à l'esprit les noms de Ronald Drever et Rainer Weiss, les deux physiciens expérimentateurs à l'origine de la conception du prototype du détecteur Ligo et, bien évidemment, celui de Kip Thorne, l'astrophysicien théoricien des trous noirs et des trous de ver d'Interstellar, qui s'est embarqué avec eux, au début des années 1970, dans la quête des ondes gravitationnelles, usant de tout son prestige, notamment en étudiant les caractéristiques des sources de ces ondes et leur forme, pour aider à concevoir au mieux le détecteur capable de les observer et de les analyser.

Le physicien des particules Barry Barish les rejoindra au début des années 1990 pour prendre la tête de la collaboration regroupant de nombreux physiciens et ingénieurs. Ces derniers transformeront le prototype de Drever, Weiss et Thorne en la machine qui a désormais à son tableau de chasse quatre détections de fusions de trous noirs. Ronald Drever est malheureusement décédé entre-temps. C'est donc finalement sans surprise que le prix Nobel de physique 2017 vient d'être décerné à Barish, Thorne et Weiss.

Comme les physiciens français Alain Brillet et Thibault Damour ont, eux aussi, joué un rôle important dans l'aventure, il est très probable que l'un des tout prochains prix Nobel de physique leur soit également attribué. On prend le pari pour 2018 ?

Voir article sur ce site (en-dessous, en déroulant assez bas) : Jeudi 11 février 2016, les ondes gravitationnelles enfin détectées

Lien : http://emmanuelhourdequin.free.fr/spip.php?article130

et aussi : http://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2017/10/04/nobel-physique-2017-comment-mesurer-vibration-espace-temps

et aussi : https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-medaille-dor-pour-alain-brillet-et-thibault-damour

Le prix Nobel de chimie 2017 a été attribué à Jacques Dubochet, Joachim Frank et Richard Henderson, pour leurs travaux sur le développement de la cryo-microscopie électronique.

Cette technique permet de générer des images en 3D des différentes molécules composant nos cellules et celles de tous les êtres vivants.

Grâce à la cryo-microscopie, on a ainsi pu observer de nombreuses protéines, comme celles qui gouvernent les rythmes circadiens (oui, la fameuse horloge biologique récompensée par le prix Nobel de médecine 2017) ou encore le virus Zika.

Mais pour arriver à ce résultat, il a fallu des années d'efforts et trois découvertes fondamentales. La première est attribuée au chercheur anglais Richard Henderson. Pendant plusieurs décennies, il a cherché à perfectionner les tout récents microscopes à électrons.

Ceux-ci marchent comme les outils plus classiques que vous avez tous utilisé en cours de biologie et de physique chimie. Mais au lieu de fonctionner à la lumière, ils projettent des électrons sur l'élément à grossir. Ces minuscules particules ont une longueur d'onde bien plus courte que la lumière, ce qui permet théoriquement de grossir bien plus une cible, jusqu'à voir même ses atomes (microscopie électronique par transmission : MET).

Mais le microscope à électron posait de gros soucis : le flux d'électron brûle carrément les molécules organiques. Sans compter que tout cela doit avoir lieu dans le vide, ce que ne supportent en général pas les protéines.

Enfin, il fallait que les microstructures observées soient immobiles et toutes bien droites pour pouvoir les observer. Richard Henderson réussit à représenter ainsi en 3D une molécule bien particulière. Mais le chercheur et son équipe n'avaient pas encore trouvé la formule parfaite.

Il a fallu deux autres découvertes pour que la cryo-microscopie devienne une vraie révolution capable d'observer toute molécule ou presque. La première, celle de l'Américain Joachim Frank, a permis d'obtenir des images 3D de molécules même si celles-ci n'étaient pas toutes alignées dans le bon sens, grâce à l'informatique.

La deuxième, l'œuvre du Suisse Jacques Dubochet, a permis de "geler" les molécules pour que celles-ci ne bougent pas et ne soient pas détériorées par les conditions bien particulières du microscope électronique. Il faut d'ailleurs plutôt parler de vitrification, le fait de refroidir quelque chose à très basse température (-196°C) le plus vite possible. Le problème des molécules d'eau c'est qu'elles forment des cristaux qui diffractent les rayons donc les empêchent de passer (opaques) à cause de l'ordonnancement très précis des molécules, lorsqu'on leur laisse le temps de s'organiser convenablement l'une par rapport à l'autre. Le refroidissement rapide permet d'avoir une structure microscopique "amorphe", c'est à dire désorganisée des molécules d'eau (comme dans le cas des atomes de silicium et d'oxygène dans le verre ou silice de formule SiO2). C'est cette vitrification, cet état amorphe de la matière qui rend le verre transparent à la lumière, ou la glace transparente aux ondes de matière associés aux électrons.

C'est grâce au concours de ces trois techniques que les chercheurs peuvent maintenant analyser en précision tant de molécules. Si cette découverte date du début des années 90, le processus s'est nettement amélioré depuis.

Lien : http://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/vincent-jase/2017/10/05/nobel-chimie-2017-preuve-image-edition-biomolecules

Remarque : la notion de structure amorphe est au programme de terminale STD2A, la définition du mot amorphe est demandée au baccalauréat STD2A, pratiquement tous les ans.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

20 septembre 2017 - Présentation publique du rapport de la Commission sur le Grand Débat sur la Transition Énergétique de Nantes Métropole

J'apparais sur la vidéo prise lors de la présentation publique du rapport de la Commission le mercredi 20 septembre 2017 de 18h00 à 21h00 :

 

 

 

 

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

25 août 2017 - Saint-Malo - Philippe et Hulot pour le départ de l'Energy observer

Édouard Philippe, Premier ministre et Nicolas Hulot, ministre de la Transition énergétique, ont embarqué ce vendredi après-midi, à Saint-Lunaire, (Ille-et-Vilaine) à bord de l'Energy observer. Le premier bateau capable de produire son propre hydrogène. Un élément prometteur pour les transports et l’industrie française, selon les deux représentants du gouvernement.

Deux passagers remarqués. Édouard Philippe, Premier ministre et Nicolas Hulot, ministre de la Transition énergétique, ont embarqué ce vendredi après-midi, à Saint-Lunaire, (Ille-et-Vilaine) à bord de l'Energy observer, le premier navire capable de produire son propre hydrogène, qui va partir pour un tour de monde.

« Ma venue est une bonne façon de voir un projet porté par l’aventure maritime et le sens de l’innovation », a déclaré le Premier ministre, Édouard Philippe, lors d'un point presse organisé cale du Bec de la Vallée à Dinard, après une navigation d'une heure dans la baie de Saint-Malo.

Une énergie inépuisable

Le Premier ministre parle même de perspectives « assez incroyables », pour la filière hydrogène. Ce navire est en effet capable de produire de l’hydrogène, sa principale source d’énergie, à partir d’eau de mer et des énergies renouvelables. « Cette énergie inépuisable pourrait être une façon de transporter les hommes et les marchandises ».

« La France a toute les solutions pour prendre sa place dans les transitions énergétiques, a ajouté Nicolas Hulot. Il ne faut pas monter dans le train quand il sera parti ». 

Un élément prometteur

Encore faut-il que la production d’hydrogène soit écologique, car aujourd’hui, elle est produite à 95 % par les énergies fossiles. « L’hydrogène est un élément de la solution, a expliqué Edouard Philippe. Je ne sais pas si c’est le seul mais il est prometteur. Et si on le produit d’une façon décarbonée, alors son utilisation sera vertueuse. »

Compléments

Le dihydrogène est obtenu par électrolyse de l'eau de mer en transformant l'énergie électrique obtenue grâce aux panneaux photovoltaïques en énergie chimique. Ainsi on peut stocker l'énergie sous forme chimique. Ensuite, dès que le besoin s'en fait sentir. La nuit ou lorsqu'il y a de gros nuages devant le soleil, on retransforme l'énergie chimique en énergie électrique grâce à une pile à combustible, ici une pile à hydrogène qui produit de l'électricité grâce à la réaction du dihydrogène avec le dioxygène pour donner de l'eau, de l'énergie électrique (énergie utile) et de la chaleur (énergie perdue) à partir de l'énergie chimique (énergie absorbée). Le dihydrogène n'est pas une source d'énergie car il n'existe pas en tant que tel mais un vecteur d'énergie (il faut de l'énergie pour le produire). Lorsqu'Edouard Philippe, ancien directeur des affaires publiques chez AREVA entre 2007 et 2010, parle de produire l'hydrogène de façon décarbonée, il pense peut être à utiliser l'énergie nucléaire. Pourtant, l'énergie nucléaire n'est pas complètement décarbonée (extraction d'uranium, extraction de l'uranium-235 fissile, fabrication et démantèlement des centrales, stockage et gestion des déchets radioactifs sur des échelles de temps géologiques) et sale (déchets radioactifs, Tchernobyl, Fukushima). Pour que la production de dihydrogène soit vertueuse, comme il le dit, il faudra utiliser exclusivement des sources d'énergies de flux renouvelables (pas de stock donc ni fossiles, ni fissiles) et à partir d'eau H2O et pas d'hydrocarbures dont les alcanes CnH2n+2 (obtenus à base de pétrole).

Liens :

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

La pleine lune du lundi 14 novembre 2016 sera la plus grosse depuis 1948

L'orbite lunaire n'est pas un cercle mais une ellipse

Une ellipse, cela signifie que la Lune va parfois passer plus près de la Terre, parfois plus loin. Le point le plus proche, le périgée, se situe à environ 360 000 kilomètres. Le point le plus éloigné, l'apogée, est à 405.000 kilomètres. C'est cette différence qui explique la variation de taille apparente de la Lune vue de la Terre. Lorsqu'une pleine lune se produit dans les environs du périgée, on appelle cela une "super-lune". Et la plus grosse super-lune possible, c'est quand la Lune passe exactement par le périgée lorsqu'elle devient pleine.

Mais il y a encore d'autres facteurs à prendre en compte. L'axe de l'orbite de la Lune bouge également, et effectue une rotation complète en 3 233 jours (un peu plus de huit ans et dix mois). C'est ce que l'on nomme la précession.

Il faut également savoir que la Lune ne se déplace pas à la même vitesse en fonction de sa position sur son orbite, comme l'a défini Kepler. Plus elle est près de la Terre, plus elle va vite.

Rendez-vous dimanche et lundi

En fonction de tous ces éléments, il devient rare que la Lune soit pleine lorsqu'elle passe exactement par son point le plus proche de la Terre. Le phénomène n'est pas très régulier, et c'est pourquoi la Lune ne s'est pas autant rapprochée de son périgée depuis 1948, et qu'il faudra attendre le 25 novembre 2034 pour avoir un passage aussi près.

Cette "super-lune du siècle", qui va se produire à deux heures seulement du passage au périgée, a lieu à 14h52 lundi... Ce qui nous prépare au moins deux belles nuits de pleine lune. 

Le meilleur moment pour observer la super-lune, c'est au lever ou au coucher lunaire. Du fait d'une illusion d'optique dont la cause n'est pas complètement élucidée, la Lune paraît alors plus grosse, d'autant plus si vous l'observez au-dessus d'arbres ou de constructions.

Dans ce cas précis, ce moment intéressant sera le coucher de lune, qui surviendra au petit matin peu avant le lever du Soleil (vers 7h20 le 14, par exemple, mais le spectacle est également au rendez-vous mardi avant l'aube).

Il faut donc espérer qu'il n'y aura pas de nuages de dimanche soir à mardi matin, pour profiter de la vue. Pour se consoler, on aura une autre super-lune, moins grosse, le 14 décembre. Mais là, au lieu de nous offrir un beau spectacle, elle le gâchera : la luminosité lunaire va rendre beaucoup plus difficile à observer l'essaim d'étoiles filantes des Géminides.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Mercredi 5 octobre 2016, Prix Nobel de Chimie 2016

Le prix Nobel de chimie 2016 a été attribué au Français Jean-Pierre Sauvage, professeur à l'Université de Strasbourg, ainsi qu'au Britannique J. Fraser Stoddart et au Néerlandais Bernard L. Feringa pour leur travail sur les machines moléculaires.

Les machines moléculaires, ou nanomachines (qui ont la taille d'une molécule, c'est à dire de l'ordre de 10-9 m) peuvent être présentées comme un assemblage moléculaire capable de se mettre en mouvement de manière contrôlée en réponse à divers signaux : lumière, changement de température, etc. 

Une machine moléculaire est une molécule ou un groupe de molécules qui reproduit un mécanisme macroscopique et qui, en particulier, permet des mouvements de rotation et de translation. D'où l'intérêt de la synthétiser chimiquement et de faire effectuer un certain travail à cette molécule. "Il s'agit de fabriquer des molécules de synthèse, de les concevoir pour qu'elles aient des propriétés bien particulières, qui sont dynamiques", s'est félicité Jean-Pierre Sauvage, qui ne s'attendait "pas du tout" à être "nobélisé". Sur France Info, il a souligné que "les premiers travaux publiés qui ont conduit à ce prix ont plus de 30 ans". 

Une utilité qui "reste encore indéterminée"

"Le moteur moléculaire se trouve aujourd'hui au même stade que le moteur électrique dans les années 1830, lorsque les scientifiques exposaient des manivelles et des roues, sans savoir que cela mènerait aux trains électriques, au lave-linge, aux ventilateurs et aux mixeurs", a ajouté le jury du Nobel. La création d'ordinateurs moléculaires qui permettraient de stocker et traiter l'information au niveau moléculaire, ou des robots microscopiques, capables de remplir une grande variété de fonctions dans la médecine ou la vie quotidienne, comptent parmi les applications potentielles de ces machines.

Il est amusant de remarquer que les prix Nobel de Chimie et de Physique 2016 ont de nombreux points communs : il font appel à des propriétés topologiques des molécules en chimie et des matériaux condensés bidimensionnels ou monodimensionnels en physique et leur application passe par un changement d'échelle allant vers le nanooscopique (mille fois plus petit que le microscopique) pour faire des ordinateurs (et leurs périphériques) très petits et très puissants (ordinateurs quantiques en physique avec des minuscules dispositifs de stockage ou de déstockage d'énergie). Physique et chimie se complètent car on pourrait fournir de l'énergie aux "puces" quantiques des physiciens grâce aux machines moléculaires des chimistes ou inversement faire travailler ces machines moléculaires pour obéir à l'ordre donné par les puces quantiques.

Ce serait une sorte d'imitation du fonctionnement des animaux, qui grâce à la biochimie et à la biologie moléculaire, fournissent de l'énergie (grâce aux mitochondries qui sont des organites cellulaires, au sucre ingéré par l'organisme et au dioxygène respiré par l'organisme) au cerveau (aux neurones, qui sont des cellules nerveuses) pour que ce cerveau puisse faire fonctionner et contrôler le bon fonctionnement de tout l'organisme (pour contracter les fibres musculaires qui sont des protéines, donc des molécules donc des moteur moléculaires protéiques, sauf qu'ici, les molécules sont grandes, ce sont des protéines donc des macromolécules (actine et myosine).

Même si Jean-Pierre Sauvage reconnaissait lui-même en 2008, dans une interview à La Recherche, que "l'utilité des machines moléculaires reste encore indéterminée". "Les recherches restent encore très fondamentales", soulignait-il, "au point qu'il est difficile de dire quand et comment elles aboutiront".

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Mardi 4 octobre 2016, Prix Nobel de Physique 2016

Le Nobel de physique a été attribué, mardi 4 octobre, à trois physiciens théoriciens en physique du solide britanniques travaillant aux États-Unis : David J. Thouless, F. Duncan M. Haldane et J. Michael Kosterlitz. Ils ont été récompensés « pour les découvertes théoriques des transitions de phase topologique et des phases topologiques de la matière », a indiqué le jury.

« Leurs découvertes ont permis des avancées dans la compréhension théorique des mystères de la matière et créé de nouvelles perspectives pour le développement de matériaux innovants », a écrit la Fondation Nobel. Elles ont aidé à la création de concepts nouveaux et importants de la physique, salue le comité.

Les matériaux innovants dont il est question sont des matériaux qui, grâce à leurs propriétés topologiques, conduisent beaucoup mieux le courant électrique (supraconducteurs et/ou superfluides) que ceux étant actuellement utilisés. Ce sont ces matériaux ayant des propriétés topologiques donc des transitions de phase topologiques permettant de passer de la conduction normale avec effet joule, donc perte d'énergie sous forme de chaleur à cause de la résistance à une conduction sans dégagement de chaleur donc sans perte d'énergie puisque la résistance devient subitement nulle, en dessous d'une certaine température, appelée température critique (on appelle cela une transition de phase puisque c'est un phénomène non linéaire, brutal). Ces matériaux restent théoriques, bidimentionnels ou monodimensionnels, et nécessitent une miniaturisation des composants électroniques beaucoup plus poussée que maintenant, ils pourraient être destinés aux ordinateurs quantiques.

Pour expliquer la supraconductivité observée dans tous les métaux à très très basse température (température critique de quelques kelvins), on utilise la théorie des paires de Cooper qui dit que l'on passe de la conduction normale avec des électrons (de spin 1/2 ou fermions) à la supraconctivité, c'est à dire la conduction sans résistance par formation de paires d'électrons (de spin 1/2 + 1/2 = 1 ou bosons), appelées paires de Cooper . Les fermions, de spin demi-entier, et les bosons, de spin entier, ont un comportement complètement différent car ils n'obéissent pas à la même statistique (statistique de Fermi-Dirac pour les fermions et statistique de Bose-Einstein pour les bosons). Contrairement aux fermions qui ne peuvent pas se superposer dans le même état (principe d'exclusion de Pauli) et peuvent toujours se discerner les uns des autres, les bosons (plus grégaires - se comportant plus comme des moutons - que les fermions) peuvent tous se superposer dans un même état, en devenant indiscernables les uns des autres, pour former une sorte de particule unique géante aux propriétés bizarres, comme dans le cas du rayon laser où tous les photons se superposent dans le même état, à la même longueur d'onde et en phase, ce qui donne à cette lumière une intensité, une directivité et une cohérence temporelle et spatiale hors du commun, car les photons sont des bosons de spin égal à un donc entier. 

Cette année, on aurait pu espérer un prix Nobel pour récompenser la physique expérimentale avec la détection des ondes gravitationnelles (détectées pour la première fois le 11 février 2016, voir ci-après), mais ce sera très certainement pour une prochaine fois...

 

 ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Vendredi 30 septembre 2016, la sonde Rosetta s'est comme prévu crachée sur la comète Tchouri, fin de la mission de l'agence spatiale européenne (ESA)

La sonde Rosetta de l'Agence spatiale européenne (ESA) a effectué ce vendredi 30 septembre son ultime mission. Après plus de deux années à étudier la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko sur laquelle elle a largué l'atterrisseur Philae en novembre 2014, Rosetta a été dirigée droit vers "Tchouri", qu'elle a percuté vers 13h20. 

Au cours de cette descente "fatale"; de nouvelles images de la comète ont été prises et les instruments de la sonde ont enregistré et envoyé vers la Terre une dernière série de mesures sur les propriétés de la comète. Rosetta, qui n'a pas été conçue pour atterrir, était programmée pour s'éteindre dès qu'elle entrait en contact avec la surface du noyau cométaire. Des régulations imposent d'éteindre une sonde et son émetteur une fois que la mission est terminée pour ne pas perturber les autres communications dans l'espace.

De toute façon, "Rosetta n'a aucune chance de pouvoir communiquer avec nous une fois au sol car elle n'aura plus les moyens d'orienter son antenne principale", expliquait Sylvain Lodiot, responsable des opérations de vol de Rosetta à l'ESOC.
Au sein des équipes de l'ESA, "les sentiments sont un peu mêlés", reconnaît Matt Taylor, responsable scientifique de la mission Rosetta, interrogé par l'AFP. "Nous sommes excités" par ces derniers moments mais aussi "un peu tristes" car c'est la fin de la mission. "En même temps, nous savons qu'il y a encore beaucoup de recherches scientifiques à faire" autour des données recueillies, dit-il.

En savoir plus sur :

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Lundi 26 septembre 2016, la Nasa a découvert des gerbes d'eau sur Europe, le satellite de Jupiter

Ce que l'agence spatiale américaine a détecté autour d'Europe, l'un des quatre grands satellites de Jupiter, pourrait faciliter la découverte d'une vie extraterrestre microbienne dans les années à venir. En utilisant le télescope spatial Hubble, des scientifiques ont en effet découvert des gerbes d'eau à la surface d'Europe. Dans un communiqué, la Nasa précise que ces sortes de geyser expulsent de la vapeur d'eau à près de 200 kilomètres au-dessus de la surface du satellite. Les scientifiques, qui publient leurs travaux dans la revue Astrophysical Journal, ont réussi à détecter ces gerbes d'eau en observant Europe passer devant Jupiter, en 2014, créant ainsi une ombre sur la surface de la géante gazeuse. Les chercheurs sont plutôt sûrs de leurs résultats, mais ils mettent en garde: pour y arriver, ils ont dû pousser Hubble dans ses derniers retranchements. Une erreur est donc toujours possible. Sauf que d'autres scientifiques avaient déjà détecté ce qui ressemblait à des panaches d'eau en 2012, toujours grâce à Hubble mais avec une méthode différente.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Jeudi 11 février 2016, les ondes gravitationnelles enfin détectées

La détection de ces ondes est détaillée dans la revue Physical Review Letters du 11 février 2016 par l’équipe de l’instrument LIGO, aux Etats-Unis, en collaboration avec celles de Virgo, détecteur essentiellement franco-italien et construit près de Pise, et de GEO600, en Allemagne. C’est le début d’une nouvelle ère, celle de l’astronomie des ondes gravitationnelles devenue désormais une réalité. Les chercheurs ont repéré l’infime effet du passage d’une telle onde, qui a la capacité de distordre les distances, de les allonger ou de les réduire très légèrement. Aucune autre onde ne peut le faire. L’effet est faible, de l’ordre d’une variation du dix millième de la taille d’une particule élémentaire (environ 10-19 m). Autrement dit, comme si l’étoile la plus proche, Proxima du Centaure, située à plus de quatre années-lumière de la Terre, se rapprochait de nous d’un demi-diamètre de cheveu… Pour mesurer une si minuscule distance, les chercheurs ont construit depuis vingt ans des instruments de mesure géants. LIGO, un détecteur interférométrique, est ainsi fait de deux tunnels perpendiculaires de quatre kilomètres de long chacun. A l’intérieur, deux faisceaux laser, parfaitement synchronisés entre eux, effectuent des dizaines d’allers-retours entre des miroirs. Puis, ces deux rayons sont recombinés à la sortie afin de vérifier leur synchronisation. Si une onde gravitationnelle secoue l’espace-temps et se propage jusque-là, elle étire un trajet lumineux avant l’autre, désynchronisant les lasers.

Plus d'informations : http://emmanuelhourdequin.free.fr/spip.php?article130

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Pièces jointes
Aucune pièce jointe